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Le sinistre de la psychiatrie

 
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Argrath le Troll
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PostPosted: Fri 5 Dec - 18:25 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

Bonjour.
Je ne peux m'empécher de vous faire partager ce texte .
Quote:

Voici le texte que nous proposons avec Guy Baillon et Dimitri Karavokyros
psychiatres des hôpitaux.

Il s'agit de créer une dynamique unitaire et convergente de résistances à la
dérive sécuritaire que le président de la République et les collabo/rateurs
qui soutiennent ce retour liberticide à une psychaitrie aliéniste.

Vous pouvez vous associer à nous pour construire une riposte, les adresses
électroniques sont en fin de message.



Suivi du sinistre du Président de la République. Le 4 décembre 2008.



*Réveillez vous donc ! Regardez. *

Dans ce pays l'exclusion ne traine pas. On obéit. Je crains que ceux qui n'étaient pas présents à l'hôpital Erasme n'aient pas saisi la violence cachée des propos, exprimée clairement dans les gestes et les serrements de
lèvres. Le personnel soignant a été flatté longuement d'entrée lors de l'intervention du Président pour être mieux ciblé comme responsable dans l'avenir et pour exécuter sans hésiter. Cela a été martelé : chacun à partir de maintenant sera devant la Nation « responsable » ! Cela n'a pas trainé : je vous informe grâce à un grand ami que ce matin moins de 48h après l'ordre le Préfet des Hautes Alpes vient à Laragne. Ce petit hôpital qui devait fermer. Sans être dans le secret de Dieu, je parie que ce sera l'une des
quatre Unité de Malades Difficiles. Certes je suis honteux d'être à la retraite et d'avoir à dire ce que je vais écrire : les grands responsables de cette décision présidentielle, ce sont nous les psychiatres. Nous qui avons choisi de nous diviser en 1984 (pourtant Orwell n'était pas là) mais
c'est l'année où notre syndicat unique s'est éclaté en 5 pour mieux défendre nos corporatismes et abandonner l'élaboration de la 'Politique de Secteur', installant la guerre entre nous au grand plaisir de l'Etat. Devant chaque
décision depuis au lieu de réagir sur l'heure comme un seul homme les 4 ou 5 syndicats sont soit dispersés, soit palabrent et proposent 'le plus petit commun dénominateur' en rangs plus ou moins 'lâches', défendant leurs
intérêts. Couty les a entendus. Si cette année-là nous avions décidé d'appliquer la politique de secteur nous aurions tous dans les 5 ans aidés nos directeurs à installer pour chaque secteur 20 à 25 lits en ville, nous
aurions déployé la manne du personnel de nos équipes. Les 90 asiles auraient été transformés en 90 centres culturels rayonnants dès 1990. Aujourd'hui aucun Président ne pourrait retrouver 90 espaces de bannissement avec murs,
miradors, caméras non cachées. Les familles se sentiraient aidées par les soignants. Les Directeurs auraient disparu, remplacés par un responsable départemental à l'écoute des équipes du terrain. La politique de secteur aurait été enfin appliquée. La presse pas plus qu'elle ne le fait Angleterre
ou en Italie ne parlerait de façon privilégiée de crime de fous. Laisser entier et en bon état les 90 asiles, mais c'était une tentation irrésistible pour un Président 'responsable' comme nous les aimons. Ne sourions pas.
Cette décision est un signe prémonitoire. La méthode a déjà été utilisée dans un pays voisin, 'douce', notre société en ce moment parle dangereusement d'euthanasie ! Ce pays l'a déjà utilisée pendant 10 ans, largement, sans qu'aucun responsable ne signe aucun papier, sans que
personne ne le rende public. Les premiers exécutants étaient 'les psychiatres, professeurs en tête'. 70.000 ont 'disparu'. Relisez l'histoire. Ne prenez surtout pas à la légère les traitements obligatoires. Trop d'entre
vous ces jours-ci ont applaudi. Où est leur limite ??? Aujourd'hui les psychiatres sont la seule catégorie professionnelle dont le Président ne peut pas encore faire plier le genou. Prenons acte, vite, cela ne durera
pas. Si nous sommes conscients de nos forces et du danger la première grande décision qui devrait être prise, décidée aujourd'hui, réalisée en quelques semaines, serait de dissoudre les 4 syndicats et d'en créer un nouveau, un
seul (même la petite Croix Marine pudique et silencieuse, devrait s'y dissoudre). Car, les amis, le premier combat à mener c'est la future loi d'enfermement. En quelques semaines elle sera prête. Si la rue est forte les députés hésiteront. Mais déjà un mouvement de familles lui emboite le pas.
La lutte ensuite va être longue. Les oukases successives vont être exécutées sans coup férir par le personnel désarmé (il n'y a plus d'infirmiers psychiatriques pour se révolter). Les Préfets par définition ont choisi de
servir la Nation. Qui aujourd'hui peut rassembler sans avoir la trouille ?
Déjà ! « UN SEUL SYNDICAT DE PSYCHIATRES AUJOURD'HUI EN FRANCE. » Quelle leçon ! Quels espoirs pour nos amis soignants et nos amis patients-usagers !
Certes quelques uns ne voudront pas, ils sont déjà soumis. Nous ne pouvons leur en vouloir. Ils comprendront lorsqu'ils verront la force de ce syndicat « RESISTANT ». Qui s'associe?

Et nous?
Sommes nous encore des soignants capables d'indignation ou bien des éxécutants ayant "pliés le genou"?
Et vous qui lisez, ou êtes vous?
_________________
"Les cons, ça ose tout. C'est même à ça qu'on les reconnait" - Michel Audiard


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PostPosted: Fri 5 Dec - 18:25 (2008)    Post subject: Publicité

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Argrath le Troll
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PostPosted: Tue 9 Dec - 21:30 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

Quote:

La psychiatrie française est devenue folle
mardi 9 décembre par * Christine GINTZ, médecin psychiatre à Grenoble*

Ce qui est sûr dans notre monde, c'est que les fous ne sont pas les plus
dangereux. Que derrière le fou il y a la société et ce qu'elle fait de
l'institution psychiatrique qui, elle, évolue suivant les priorités d'une
époque. Quand cette société applique des solutions rapides et égoïstes, gère
la psychiatrie par le management, estime que l'on peut rentabiliser la
démence, elle devient plus folle que les fous, dangereuse.

Depuis que je suis psychiatre, je n'ai jamais eu de problème avec
l'agressivité, ou la violence de mes patients. Je n'ai jamais eu le
sentiment de faire un travail à risques. Le drame de Grenoble vient
réveiller une « psychose » qui jette la suspicion sur les malades mentaux,
alors qu'il devrait nous pousser à nous interroger encore sur l'évolution
imposée à la psychiatrie depuis 20 ans, au nom du modèle économique
universel dans lequel on l'a priée d'entrer.

C'est un progrès fondamental, la découverte de neuroleptiques, qui a permis
de sortir les fous de l'hôpital. On en a pris ce prétexte du médicament, en
allant bien au-delà du raisonnable, pour oublier le rôle d'asile que jouait
et devrait toujours jouer l'hôpital psychiatrique : offrir à certains une
place habitable, un refuge. C'est au nom du principe actif, celui du
médicament, que bon nombre de schizophrènes qui devraient être soignés à
l'hôpital se retrouvent SDF ou en prison.

Pour ne pas nous masquer, il est vrai qu'un schizophrène peut être sans
recours devant ses « voix » qui lui imposent, parfois, des actes
irréversibles? Mais nous savons surtout que lorsqu'on écoute cet homme ou
cette femme, qu'on lui parle, l'autorité de ses « voix » se fait moins
impérieuse, que c'est ainsi qu'un malade potentiellement dangereux cesse de
l'être.

Mais à force de réduire le nombre de lits en psychiatrie, et le nombre de
soignants attachés aux soins des patients, le souci n'est plus un projet
thérapeutique, forcément long et complexe, mais l'obsession de produire une
solution immédiate, donc prioritairement chimique. Il faut à tout prix
atteindre un bon ratio, un bon « turn over » et libérer des lits aussi vite
que possible. Les soignants n'ont plus de temps à consacrer au dialogue avec
les patients. Pour endiguer agressivité et délire, ils n'ont plus le choix
de la solution puisque la contingence impose le médicament et la chambre
d'isolement.

À mesure que les moyens alloués à la psychiatrie se restreignent, celle-ci
n'a pas d'autre solution que de se faire plus répressive. Les services, qui
avaient ouvert leurs portes lors de la mise en place de la
« sectorisation », les ont refermées. Petit à petit, insidieusement. J'ai
récemment croisé une infirmière, elle reprenait le travail dans son service
après une interruption de plusieurs années. Elle avait quitté un lieu
ouvert. Le retrouvant fermé, elle demande *« Qui a pris la décision de tirer
les verrous ? De fermer, et pourquoi ? »* Personne n'a pu répondre. Le
fermeture s'est faite jour après jour, imposée par les critères économiques.

Aujourd'hui, sous la pression des « démarches qualités », lorsqu'un malade
saute par la fenêtre, la question qu'on pose n'est plus* « pourquoi en
est-il arrivé là ? »*. Mais : *« la poignée de la fenêtre était-elle bien
aux normes ? »*

Le schizo meurtrier de Grenoble s'est échappé du service d'un psychiatre qui
travaille remarquablement bien, mais contraint d'appliquer une politique de
santé publique en harmonie avec le peu de moyens qu'on lui accorde.

Que nous demande-t-on aujourd'hui ? De mettre des brassards électroniques,
de créer des unités fermées, d'ordonner des « obligations de soins ». Il
faut remarquer que le patient évadé de Grenoble était justement en soins.
Mais lesquels ? Et tout ceci, en terme comptables, ceux de la santé
rentable, a maintenant un coût.

Pourquoi ne pas simplement revenir sur cette pénurie consciencieusement
organisée, et se rendre à l'évidence que le nombre d'infirmiers en
psychiatrie ne se calcule pas en faisant la somme du temps nécessaire à la
distribution des médicaments, du repas, de l'aide à la douche, multiplié par
le nombre de patients, et divisé par 35 heures ! Le temps de parole, celui
des mots adaptés et des phrases qui sauvent n'existe plus.

J'ai connu la psychiatrie hospitalière dans les années 80 à 90. On venait
d'ouvrir les portes des hôpitaux psychiatriques et les anciens témoignaient
du fait que cela avait fait diminuer considérablement la violence. Il faut
revenir sur ce mauvais sort fait aux malades et qui ne laisse plus que le
choix d'enfermer et punir.

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Argrath le Troll
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PostPosted: Thu 11 Dec - 20:00 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

Un prefet bien zélé (Loire Atlantique) vient de pondre une circulaire:
Arrow http://www.picdo.net/Fichiers/8d95b8428458d63eee6fa93429eef34/attachment.ti…
En fait notre président n'a même plus besoin de faire une loi. Des fonctionnaires zélés appliquent directement ses discours sans attendre la prochaine législature.
Prochaine étape: plus de discours, les prefets appliquent directement ce qu'ils supposent être les pensées de Sarkozy. Rolling Eyes
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Argrath le Troll
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PostPosted: Sat 13 Dec - 11:39 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

Quote:
Soins psychiatriques : Comprendre l'émotion, garder la raison
Paris, le 12 Décembre 2008

La visite du Président de la République dans un établissement de soins psychiatriques est une première à laquelle les organisations signataires ont été sensibles et chacun mesure l'importance de cet événement dans l'histoire de la psychiatrie française.

Toutefois, la focalisation excessive de l'allocution du Président de la République sur les seules questions d'ordre public et de sécurité a beaucoup surpris l'assistance rassemblant les représentants des usagers patients, familles et de la communauté professionnelle.

Aussi, les organisations signataires souhaitent rappeler que la sécurité de tous – patients, familles, concitoyens, soignants – est l'une des préoccupations constantes de la pratique soignante en psychiatrie.

Dans une mission de soins, elle y prend place d'une manière naturellement différente de celle des magistrats et des policiers mais les professionnels concernés savent que la maladie mentale peut porter la violence, surtout lorsqu'elle est mal soignée. La mesure et la prudence sont également de mise quant à la communication publique sur ces sujets, qui peut avoir un fort retentissement sur des personnes fragiles et suggestibles.

Plus généralement, il importe de souligner que l'immense majorité des 1 500 000 personnes qui chaque année ont recours aux services de psychiatrie ne présente aucun danger, vivent dans la cité et sont avant tout des concitoyens qui souffrent de leur pathologie, leurs fragilités les exposant en outre à être onze fois plus victimes de crimes violents que la population générale (Rapport de la Commission Violence et Santé Mentale- Anne Lovell – mars 2005). L'indication dans le discours présidentiel que les maladies mentales se situeraient aujourd'hui dans une trilogie de lieux possibles – hôpital, rue ou prison – reflète insuffisamment cette réalité.

C'est pourquoi, dans un esprit constructif qui permette de lever les malentendus et de promouvoir des soins psychiatriques de qualité qui sont le meilleur moyen de prévenir la violence et la première sécurité des patients, de leurs proches et de leurs concitoyens, les organisations signataires souhaitent formuler un certain nombre d'axes de réflexion et de propositions pouvant faire l'objet d'un futur projet de loi :
- Une explicitation de la politique en psychiatrie et santé mentale doit être mise en œuvre par les pouvoirs publics dans une approche globale intégrant les travaux de la Commission Couty et une réforme sanitaire de la Loi de 1990 veillant à un juste équilibre : qualité des soins, respect des libertés individuelles et légitime souci de sécurité de nos concitoyens. A cet égard, la possibilité de soins sans consentement en ambulatoire et la création de 4 UMD évoquées dans le discours du Président répondent à un réel besoin d'adaptation de notre dispositif de soins et de prévention.

- Une poursuite de l'humanisation des hôpitaux psychiatriques en matière de réhabilitation des locaux et des infrastructures dans une cohérence d'ensemble où les moyens de sécurité matériels ne remplaceront jamais un personnel compétent en nombre suffisant.

- Une spécialisation des personnels infirmiers qui depuis 1992 expriment un grand besoin de formation complémentaire et qui pose réellement la question de la transmission du savoir faire infirmier en psychiatrie.

- Des mesures spécifiques concernant la démographie médicale dans une discipline exigeant une couverture territoriale s'articulant avec l'ordre public et le respect des libertés individuelles, et où le niveau de technicité doit être à la hauteur de la gravité des décisions à prendre et des responsabilités engagées.

- Un soutien effectif des familles et des proches aidant les personnes malades.

Liste des organisations signataires
Pr Franck BAYLE
Chargé de mission médico-légale du Syndicat Universitaire de Psychiatrie(CASP)
Tél. 01 45 65 89 51

Dr Olivier BOITARD
Président de l'Union Syndicale de la Psychiatrie (CASP)
Tél 03 44 77 50 17

M. Jean CANNEVA
Président de l'Union Nationale des Amis et FAmilles de Malades psychiques (UNAFAM)
Tél 01 53 06 30 43

M. Yves-Jean DUPUIS
Président de la Fédération des Etablissements Hospitaliers et d'Aide à la Personne (FEHAP)
Tél 01 53 98 95 06

Dr Pierre FARAGGI
Président Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (CASP)
Tél 05 56 76 52 94

Mme Claude FINKELSTEIN
Présidente de la Fédération Nationale des Associations d'(Ex) Patients en Psychiatrie(FNAP-Psy)
Tél 01 43 64 85 42

Dr Yvan HALIMI
Président de la Conférence des Présidents des Commissions Médicales d'Etablissement des Centres Hospitaliers
Spécialisés
Tél 02 51 09 72 92

Dr Alain MERCUEL
Président de l'Intersyndicale de Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP : SPEP - SPS)
Tél

Dr Olivier LEHEMBRE
Président de la Fédération Française de Psychiatrie (FFP)
Tél

Mme PERRIN-NIQUET Annick
Présidente du Comité d'Etudes des Formations Infirmières et des pratiques en Psychiatrie (CEFI-PSY)
Tél 04 72 42 11 87

M. Roland LUBEIGT
Président de l'Association Des Etablissements participant au service public de Santé Mentale (ADESM)
Tél 01 69 92 52 52

Dr Roger SALBREUX
Président de l'Association Française de Psychiatrie
Tél 01 55 30 13 39

Pr Jean-Louis SENON
Président du Collège de Recherche et d'Information Multidisciplinaire en Criminologie de l'Université de Poitiers
(CRIMCUP)
Tél 05 49 44 57 35

Dr Pierre STAEL
Président du Syndicat des Psychiatres Français
Tél 01 42 71 41 11

M. Gérard VINCENT
Délégué Général de la Fédération Hospitalière de France (FHF)
Tél 01 44 06 84 41


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Argrath le Troll
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PostPosted: Sat 13 Dec - 11:43 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

Quote:
[Info-psy] Après la nuit de Bicêtre, les ténèbres d’Antony !


Mediapart

Après la nuit de Bicêtre, les ténèbres d'Antony !

12 déc 2008 Par Paul Machto

Edition : Contes de la folie ordinaire
Marie Didier(1) a raconté dans un récit saisissant et émouvant, la vie et l'itinéraire de Jean Baptiste Pussin, l'ancêtre mémorable des infirmiers psychiatriques. Comment cet homme simple, se retrouve à Bicêtre en 1771, et va, au fil des années rendre leur dignité d'hommes aux fous enfermés, enchaînés, réduits à l'état de bêtes. Sa rencontre avec Philippe Pinel, le premier des aliénistes, va ouvrir une nouvelle ère pour un « traitement moral » des insensés.


Nicolas Sarkosy, au « nom de sa responsabilité vis à vis des victimes et de la société », constant dans son obsession depuis son passage au Ministère de l'Intérieur, maniant le simplisme et le « bon sens », ramène à l'état de dangerosité, de potentialité criminelle, les fous, les malades mentaux. Il décide, tout en faisant preuve de force dénégations, le grand renfermement, l'assimilation du malade au délinquant sous surveillance électronique, et consacre les établissements de « soins » dans une orientation carcérale et de surveillance, après, bien évidemment, une introduction démagogique à l'égard des personnels soignants dont il a mis en exergue le dévouement et l'amour du métier...
C'est à une régression intolérable que nous conduit le Président, une régression à l'époque antérieure à la Révolution Française.


Ce n'est pas la subtile distinction entre les hospitalisés d'office et les autres qui permettra d'éviter les effets ravageants d'un tel discours. Effets d'abord sur les malades qui reçoivent une image déformée de leurs souffrances, renforçant leurs peurs d'eux-mêmes, des pensées qui les assaillent, des persécutions qui les envahissent. Effets sur leur entourage, parents, enfants, voisins, qui peuvent voir leurs craintes, leurs incompréhensions, leurs inquiétudes « officialisés », par le premier élu de la Nation. Effets sur les soignants qui exercent depuis de nombreuses années dans des conditions très difficiles, confrontés parfois à des situations complexes de violence, mais aussi et surtout à un vécu de non-reconnaissance de leurs engagements thérapeutiques par un envahissement de la gestion comptable, des protocoles, et de l'administratif, politique qui avait été dénoncée en 2003 lors des États Généraux de la Psychiatrie. L'ambiance même, l'atmosphère relationnelle dans les lieux de soins vont s'en trouver contaminées.
À instrumentaliser deux faits divers, un drame qui a fait une victime à Grenoble en novembre 2008, deux horribles meurtres à l'hôpital de Pau en décembre 2004, à jouer sur la peur, ce Président provoque les pires dangers : car tout praticien, tout soignant le tient de son expérience clinique, c'est la peur qui suscite le danger, c'est la contrainte injuste et le vécu d'abandon qui provoque la violence !


Que peut signifier cette méconnaissance , ou plutôt cette volonté délibérer d'ignorer les études des experts, le rapport de la Commission « Violence et santé mentale » en 2005 ? Il faut redire inlassablement les faits : sur 51411 mis en examen dans des affaires pénales (crime ou délit) 212 ont bénéficié d'un non-lieu pour irresponsabilité mentale, c'est à dire 0,4 % des crimes et délits ! Mais par contre, la prévalence des crimes violents contre les patients psychiatriques est 11,8 fois plus importante que par rapport à la population générale. La proportion des vols à leur encontre est 140 fois plus importante !


Ce sont d'abord eux les victimes : victimes de leurs tourments, de leurs délires, de leur exclusion, de leur isolement, de leur rejet.


Nous sommes très loin, d'un tout autre discours, prononcé dans un hôpital psychiatrique, à Sotteville les Rouen, en 1981. Celui d'un Ministre de la Santé, Jack Ralite. Celui-ci s'appuyait sur la culture,, sur ce courant humaniste qui a fait la gloire de la psychiatrie française, qui avait permis par les recherches théoriques et les pratiques mises en œuvre depuis la Résistance, l'apport de la psychanalyse, des thérapies institutionnelles, des traitements psychotropes, d'insérer la psychiatrie et les malades dans la Cité, d'œuvrer pour des innovations thérapeutiques et des améliorations indéniables. De telles perspectives avaient permis alors cette alliance nécessaire entre la communauté des soignants, les administratifs et la société. Il faisait l'éloge de l'humanité des malades, inscrivait la psychiatrie dans une perspective de progrès, soutenait les soignants.


À l'inverse, ce Président fait preuve d'une incroyable suspicion à leur encontre, tenant des propos où affleure le mépris, lorsqu'il évoque que « les décisions de sortie ou de permissions ne doivent pas être prises à la légère», pour justifier des procédures administratives lourdes et complexes.


Connaît-il le travail d'équipe dans les lieux de soins, les réunions où sont discutés et élaborés les histoires cliniques des patients, où sont débattus souvent les décisions importantes par rapport aux projets thérapeutiques ... et notamment les sorties ?


Connaît-il la dérive des pratiques à l'œuvre dans les services depuis plusieurs années ? Des causes multiples et complexes ont déjà provoqué un retour à des pratiques d'enfermement et de contention que l'on croyait oubliées: pénurie d'effectifs, fermeture de lits, abandon des alternatives à l'hospitalisation, entraves administratives et budgétaires aux créations ou à la continuité d'unités de suite après l'hospitalisation, fermeture d'unités extra-hospitalières, disparition des formations spécifiques des infirmiers et des psychiatres, prééminence des approches médicamenteuses ou biologiques par rapport aux thérapies institutionnelles, abandon des patients à la rue, à la prison.
En proposant une approche sécuritaire, il vient parachever la destruction de la psychiatrie soignante, pour en faire une annexe carcérale où enfermer, surveiller, contrôler sera la triade inscrite au fronton des Directions « hospitalières ».


Certains, tout en déplorant la dimension sécuritaire, ont voulu souligner l'apport de quelques mesures.


Ce discours, parce qu'il avance une approche politique de fond qui provoque une rupture radicale avec la dimension humaine des soins psychiatriques, doit être rejeté en bloc ! Des excuses pour l'offense faite aux patients et aux soignants, devraient être exigées ! C'est une lutte pour la dignité qui doit regrouper toutes les énergies. Ensuite seulement, une concertation la plus large pourra envisager les mesures nécessaires pour des conditions d'accueil et de soins dignes et humaines, facteur d'une prévention possible qui, il faut le répéter, ne pourra jamais être totale tant le comportement humain ne peut être prévisible et l'irrationnel surgir.
Ce discours de ce sinistre 2 décembre 2008 doit nous rappeler « qu'une société se juge à la façon dont elle traite ses fous » ! Avec ce qui se met en place dans d'autres champs, notamment judiciaire, culturel, audiovisuel, économique, social (sans papiers, SDF), le fond de l'ère effraie : un Ordre Nouveau est en train de se mettre en place.

Paul Machto



(1) - Marie Didier : « Dans la nuit de Bicêtre », Ed. Gallimard 2006


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PostPosted: Mon 22 Dec - 20:42 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

Quote:
Quelques brides de rumeurs en attendant le rapport Couty


source UNCPSY (Union Nationale des Cliniques Psychiatriques Privées)

mercredi 17 DECEMBRE 2008

MELODIE EN SOUS SOL
Il y a une semaine, le parti socialiste avait organisé à l'Assemblée Nationale une réunion centrée d'une part, sur les propos tenus par le président de la république concernant la psychiatrie et d'autre part, sur les travaux de la commission Couty. Plus d'une centaine de journalistes et de représentants d'associations diverses participaient à deux tables rondes, rassemblés dans les sous-sols de l'Assemblée. Parmi une dizaines d'acteurs, sont notamment intervenus Philippe Cléry-Melin, auteur de deux rapports sur la santé mentale (1995 et 2005), Jean-Luc Roelandt, auteur d'un rapport sur le même thème en 2002 et Édouard Couty, Président de la dernière Commission Psychiatrie et Santé Mentale, dont le rapport est attendu avec beaucoup d'impatience.

Ce colloque n'a pas donné lieu à l'émergence de pistes nouvelles susceptibles de transformer fondamentalement la psychiatrie et surtout de la réformer dans de bonnes conditions économiques et techniques.

Il a toutefois été l'occasion de pressentir ce que pourrait être la proposition d'Édouard Couty qui s'est pourtant peu exprimé sur le sujet, gardant pour la Ministre, l'annonce officielle des quelques mesures qu'il pourrait proposer. Quoi qu'il en soit, à écouter entre les lignes, on peut penser qu'une grande réforme des secteurs de psychiatrie, et du CMP en particulier, sera probablement avancée avec des propositions concernant un redéploiement des psychiatres qui sont en nombre important mais dont la distribution entre le public et le privé et les régions n'est pas optimale. On sent également comme un souffle positif pour répondre au souhait des infirmiers psychiatriques qui réclament depuis longtemps un diplôme spécialisé. Une ouverture des missions de service public au secteur privé sera peut-être proposée mais, de notre point de vue, de façon très atténuée pour ne fâcher personne (il faudrait savoir lire au-delà d'entre les lignes pour en être certain...)

De cette réunion, finalement sans grand intérêt, on retiendra surtout les quelques chiffres mis sur la table par Jean-Luc Roelandt qui appellent quelques commentaires :

Il n'y a en France que 265 irresponsables pénaux et seulement 12 % d'hospitalisation sous contrainte. Par un raisonnement a contrario, le secteur privé en déduira que les patients qu'il reçoit sont quasiment et statistiquement "les mêmes" que ceux reçus par le secteur public ; les palabres à propos de la lourdeur des prises en charge est donc vaine et en tout état de cause ne portent que sur un très petit nombre de patients. Avec 22 psychiatres pour 100 000 habitants, contre 9 en Italie et 12 en Angleterre, la France reste très bien placée, mais il en manque des quantités dans le secteur public. Nous disposerions de 100 lits pour 100 000 habitants contre 20 en Angleterre et 10 en Italie. L'avenir serait plutôt au suivi à domicile, ce qui est étrange pour un secteur qui dit prendre en charge des malades de plus en plus lourds. Enfin, le Royaume-Uni consacre 14 % de son budget de santé à la psychiatrie, un budget équivalent à celui de la santé mentale de la France, 11,5 %.


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PostPosted: Mon 22 Dec - 20:44 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

Quote:
Psychiatrie: les médecins et directeurs hospitaliers envisagent de fermer des CMP


LYON, 22 décembre 2008 (APM) - Les directeurs d'établissement de santé et médecins exerçant en psychiatrie envisagent de réduire le nombre de centres médico-psychologiques (CMP) pour compenser les difficultés rencontrées dans les services de soins.

La conférence des présidents de CME de centres hospitaliers spécialisés de Rhône-Alpes, l'Association des établissements participant au service public en santé mentale (Adesm) et des représentants de l'Union nationale des amis et familles de malades handicapés psychiques (Unafam) ont été reçus la semaine dernière par le directeur de l'Agence régionale de l'hospitalisation (ARH) de la région pour présenter les difficultés auxquelles ils sont confrontés.

"Actuellement, les budgets attribués ne nous permettent pas de maintenir toutes nos missions et l'ARH nous indique qu'elle ne peut aller au-delà du budget attribué à la région", a déclaré vendredi à l'APM le représentant de la Conférence régionale Rhône-Alpes des présidents de CME de CHS, le Dr Angelo Poli.

Au centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu de Lyon par exemple, les dotations finales ont augmenté au cours de ces quatre dernières années de 1,8 ou 1,9% alors que les dépenses ont connu une progression de 2,5 à 3%.

"Jusqu'à présent, nous avons réussi à compenser cette différence en trouvant d'autres recettes mais désormais nous n'arrivons pas à tout compenser (...) Il faut trouver des moyens pour que les unités de soins fonctionnent mieux avec des personnels soignants plus disponibles", a expliqué à l'APM le directeur général du centre hospitalier Saint-Jean-de-Dieu (ARHM) de Lyon, Jacques Marescaux, qui est délégué régional de l'Adesm.

Confrontés à une "pénurie des moyens en personnel", les hospitaliers de la région souffrent d'un "manque de ressources pour assurer une qualité des locaux d'hospitalisation conforme aux attentes des familles et des usagers".

Ils affirment que dans certaines unités de soins, se produisent des "situations régulières de tension aux limites du gérable et du supportable".

Pour trouver de nouveaux moyens, les acteurs de la psychiatrie de la région envisagent, à contre-coeur, de réduire ou de supprimer certaines missions.

"On ne peut pas réduire les missions de l'hospitalisation à temps plein car les services connaissent actuellement une suroccupation et nous disposons de peu de solutions d'aval", a expliqué Jacques Marescaux.

Les professionnels envisagent plutôt de réduire le nombre de CMP et le temps des praticiens passé en extrahospitalier. Cette solution permettrait de redéployer des personnels sur les unités d'hospitalisation à temps plein.

Cette solution, qualifiée de "navrante" par le Dr Poli, sera discutée lors d'une prochaine réunion des directeurs et des médecins en janvier 2009.

En psychiatrie, la région Rhône-Alpes se situe légèrement en dessous de la moyenne nationale au niveau de ressources hospitalières mais connaît de gros écarts entre les départements, a précisé à l'APM Jacques Marescaux.

Selon une étude du Centre national de gestion (CNG), la densité de psychiatre se situe en dessous de la moyenne nationale (entre 15 et 20 psychiatres).

La région a été marquée par le meurtre le 12 novembre d'un étudiant à Grenoble par un patient hospitalisé à l'hôpital spécialisé de Saint-Egrève (Isère), rappelle-t-on.

co/san/APM polsan


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PostPosted: Mon 22 Dec - 21:28 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

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Lu sur : http://lyonenfrance.blogspot.com

Psychiatrie : les familles réagissent au discours de N. Sarkozy

La conférence des présidents de Centres Hospitaliers Spécialisés de la région Rhône Alpes, l'ADESM (Association des Etablissements participant au service public en Santé Mentale) et l'UNAFAM (Union nationale des amis et familles de malades et handicapés psychiques) ont été reçus cette semaine par Le directeur de l'Agence Régionale de l'Hospitalisation de la région Rhône Alpes .

Sur le plan national, la délégation a rappelé que dans l'affaire de Grenoble (l'assassinat d'un étudiant par un malade mental), elle estime "brutale et injustifiée" la suspension du directeur de l'hôpital St Egreve, Mr Gellion. Pour elle, le discours du Président de la République Nicolas Sarkozy à l'hôpital d'Anthony le 2 décembre "ne répond pas aux attentes et à l'émotion ressentie par l'ensemble des professionnels, des familles et des patients".


Ne pas assimiler maladie mentale et dangerosité
Les participants à cette rencontre ont rappelé que pour elles il était "hors de question de réduire les problèmes de la psychiatrie à des questions sécuritaires et d'assimiler maladie mentale et dangerosité". La délégation a demandé au directeur de l'ARH de transmettre cette réaction à l'échelon national.

Sur le plan régional, la délégation a rappelé que les hôpitaux spécialisés comme les services de psychiatrie des hôpitaux généraux sont confrontés à de nombreuses difficultés du fait "de la demande sociale faite à la psychiatrie de prendre en charge tous les comportements problématiques" .
Les services psychiatriques font face à une pénurie des moyens en personnel, des problèmes de suroccupation des services, un manque de qualification en psychiatrie de soignants, infirmiers notamment, qui arrivent maintenant dans les services sans connaissances théoriques suffisantes ni expérience préalable de la clinique psychiatrique, et "une insuffisance des ressources pour assurer une qualité des locaux d'hospitalisation, conforme aux attentes des familles et des usagers".


L'instabilité liée aux mouvements de personnels
Ceci pose problème non seulement dans la qualité des soins dispensés mais aussi dans la contenance de la violence. La situation est aggravée par l'instabilité liée aux mouvements des personnels. Les difficultés se trouvent ainsi augmentées inexorablement avec, dans certaines unités de soins, "des situations régulières de tension aux limites du gérable et du supportable pour le personnel comme pour les patients".

L'ARH en réponse "s'est engagée à poursuivre la politique d'accompagnement des établissements pour compléter la formation en psychiatrie des infirmiers et autres professionnels sans expérience et assurer des formations sur la prévention et le traitement des situations de violence". Mais le problème de la diminution des personnels infirmiers reste selon les professionels, "entier". Ils ajoutent d'ailleurs qu' "à cela s'ajoute progressivement celui de la diminution programmée des médecins psychiatres".

Pour ce qui concerne les difficultés financières des établissements, le directeur de l'ARH M. Bonnet, n'a pu, selon elles, que répondre « qu'il comprenait les demandes mais qu'il ne pouvait aller au delà de ce qui avait été attribué comme budget à la région Rhône Alpes ».

Pour les organisations, "la perspective d'une diminution de l'offre de soins est insupportable pour les familles et pour les professionnels de santé, qui ne peuvent que difficilement envisager de laisser sans prise en charge les personnes qui demandent des soins".

Elles se proposent de solliciter début 2009, une nouvelle rencontre avec le directeur de l'ARH, afin de lui faire des propositions concernant les missions qu'il ne leur semblera plus possible d'assumer.

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PostPosted: Wed 24 Dec - 21:41 (2008)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

L'esprit de Noel peut etre? Les syndicats de psychiatre ont rédigé une déclaration commune:
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communiqué commun des syndicats de la psychiatrie publique
mercredi 24 décembre 2008
Réaction au discours présidentiel d'Antony : communiqué commun des syndicats de la psychiatrie publique

Syndicat des Psychiatres d'Exercice Public (SPEP-IDEPP) Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux [SPH] Syndicat des Psychiatres de Secteur (SPS-IDEPP) Union Syndicale de la Psychiatrie [USP] Jusqu'à ce mardi 2 décembre 2008, la psychiatrie publique pouvait être fière du formidable outil de prise en charge qu'elle avait développé en 40 ans de politique de secteur, ouverte hors des murs des asiles pour les 1,2 million par an de personnes qui font appel à elle. Malgré les difficultés liées à l'augmentation constante de son activité et de ses missions, alors que ses moyens étaient toujours revus à la baisse, elle s'attachait à garantir plus de 85% de ses soins de manière ambulatoire. Elle proposait pour l'immense majorité de ses 600.000 admissions annuelles des hospitalisations libres de courte durée. Elle s'évertuait à répondre au mieux aux besoins de la population en terme de prévention, dépistage des troubles, soins et réinsertion sociale. Le défi pour les prochaines années était donc bien de relancer et d'actualiser ce remarquable réseau ville-hôpital qu'est le secteur psychiatrique. Et, en installant récemment la Mission Couty, la Ministre de la santé ne semblait pas avoir d'autre objectif. La première visite d'un chef d'Etat dans un hôpital psychiatrique aurait pu être l'occasion de se féliciter d'une telle marque d'intérêt pour cette discipline complexe et trop souvent négligée. Il n'en fut rien, bien au contraire. Car ce mardi 2 décembre 2008 a signé une rupture. En quelques mots prononcés par le plus haut responsable de l'Etat, voilà la psychiatrie en procès de légèreté, les personnels soignants accusés de se cacher derrière la fatalité, coupables d'un angélisme idéologique qui les mettrait systématiquement du côté des patients, contre les familles et la société. Avec une nouvelle fois la confusion entre dangerosité et maladie mentale, par cette volonté affichée de réduire le champ de la psychiatrie aux seules hospitalisations d'office, c'est-à-dire à 2% de l'ensemble des hospitalisations en psychiatrie (et non 13% comme l'affirmait le Président). Avec pour solutions des dispositifs techniques de surveillance, des nouveaux lieux d'enfermement sécurisés, et une complexification des procédures de levée des hospitalisations d'office pour lesquelles l'accent menaçant mis sur la responsabilité accrue du représentant de l'Etat conduira inéluctablement au maintien en rétention administrative de personnes jugées médicalement aptes à la sortie. Tout cela sans aucun renfort en personnels formés ni moyen financier pour continuer à humaniser les lieux d'accueil et de soins pour toutes les personnes ou leurs familles qui peuvent ou pourront être touchées par des troubles psychiatriques au cours de leur vie. Pourtant, c'est au quotidien que les personnels soignants prennent leurs responsabilités, autant quand ils doivent gérer eux-mêmes les situations de violence qui peuvent effectivement émailler le parcours d'un patient, que lorsqu'ils se questionnent sur la portée thérapeutique des mesures privatives de liberté. Bien conscients des conséquences sur l'entourage de certains troubles comme du rôle que joue l'environnement sur le développement des symptômes, ils n'excluent jamais les familles et la société de leurs préoccupations. C'est encore en prenant leurs responsabilités qu'ils sont parvenus en 2006 à un consensus avec les familles de patients et les représentants des usagers pour une réforme de la loi du 27 juin 1990 qui régit le cadre des hospitalisations en psychiatrie. Ce consensus n'a pas encore été pris en compte par les pouvoirs publics, pour une révision qui était pourtant prévue par la loi dès 1995. C'est aussi pour faire face à toutes les demandes émanant de la société et obtenir des modes de prise en charge capables de répondre à certains besoins que la majorité d'entre eux avaient demandé une augmentation des places en Unités pour Malades Difficiles (UMD) et attendaient l'ouverture promise des Unités d'Hospitalisations Spécialement Aménagées (UHSA) destinées aux détenus atteints de troubles mentaux. La mission Couty n'a pas encore rendu ses conclusions que le chef de l'état nous propose un virage à 180° pour l'organisation psychiatrique : refermer l'hôpital sur lui-même et renforcer auprès de la population toutes les images d'une psychiatrie carcérale et de rejet, simplement vouée à l'enfermement du fou dangereux. Nous savons par notre pratique combien cette image est un obstacle aux soins nécessaires, et combien elle va s'opposer aux autres missions toutes aussi importantes de la psychiatrie au sein desquelles la prévention n'est pas la moindre : le plan « santé jeunes » lancé en février 2008 n'a-t-il pas soulignée l'importance du suicide dans cette tranche d'âge ? Nous demandons solennellement que l'actualité dramatique ne soit pas prétexte à des mesures sécuritaires inadaptées et ignorantes des vrais besoins de la population. Si le drame de St Egrève après celui de Pau doit susciter de légitimes interrogations, il faut que ce soit pour engager des réformes à la hauteur des enjeux : la société fait de plus en plus appel à cette discipline, et pour des motifs qu'il serait bien imprudent de réduire aux seules questions de violence et de dangerosité. Pour la psychiatrie efficace et de qualité que la population est en droit d'attendre, c'est une rénovation ambitieuse et humaniste qu'il faut engager, avec les personnels, les associations d'usagers et les élus qui ont déjà œuvré ensemble pour faire des propositions dignes de la complexité et du sérieux que réclame notre discipline. La psychiatrie et la santé mentale dans leur ensemble ne méritent pas et ne pourront s'accommoder de prises de décisions autoritaires et réductrices qui, en plus d'être inefficaces, aboutiraient à une régression inacceptable pour l'organisation, la qualité et l'efficacité des soins comme pour les droits des patients. Dr Marie NAPOLI Dr Norbert SKURNIK Dr Angelo POLI Dr Pierre FARAGGI


Enfin!
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PostPosted: Thu 8 Jan - 16:58 (2009)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

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Des malades dans la ville

LE MONDE | 06.01.09 |
e klaxon du boulanger ambulant résonne dans tout le quartier, mais Mme Y. n'y prête plus attention. Il y a un an, elle ne tolérait plus ce son strident, comme elle ne supportait plus les bruits du voisinage, ni la vue de son système d'alarme qu'elle trouvait menaçant. Crises de panique, hallucinations auditives, Mme Y. se sentait épiée, surveillée en permanence. Fin 2007, elle a dû être hospitalisée d'urgence en psychiatrie pendant cinq jours. "J'avais l'impression d'être enfermée, c'était horrible, je ne veux surtout pas y retourner, témoigne-t-elle aujourd'hui, assise bien droite dans son canapé. Heureusement, on m'a renvoyée chez moi assez vite, avec un accompagnement infirmier. Ils viennent tous les jours, ils me sont d'un très grand soutien."


C'est la seconde fois en un an que cette femme de 54 ans bénéficie d'un suivi psychiatrique intensif à domicile, comme alternative à l'hospitalisation. Face à elle, Christelle Vacher, infirmière psy du secteur de Lille-Est (Nord), lui présente son planning de la semaine. Visite chez la psychologue, aquathérapie, consultation avec le psychiatre : chaque journée est ponctuée de deux ou trois rencontres, "mes points de repères", dit Mme Y. En bas de la feuille est inscrit le numéro d'urgence du service, disponible 24 heures sur 24 : "On met tout en oeuvre pour éviter au maximum l'hospitalisation, explique Christelle Vacher. C'est nécessaire en cas de crise, mais il ne faut pas que ça dure, car il y a un côté passif et débilitant à l'hôpital. Personne n'a envie de rester à l'hôpital psy, c'est stigmatisant, ça enfonce les patients encore plus."

L'appel de Nicolas Sarkozy à la multiplication des dispositifs d'enfermement paraît bien anachronique aux soignants de Lille. Aux antipodes de ce repli sécuritaire, le "G21", l'équipe du secteur psy de la banlieue Est, prouve quotidiennement que le retour à l'asile n'est pas une fatalité. Embrassant un territoire de 90 000 habitants, 150 médecins, infirmiers, psychologues et éducateurs suivent chaque année près de 2 200 patients. Sans blouse blanche ni badge distinctif, ils travaillent en relais avec les services sociaux, les organismes HLM et les municipalités. Appartements thérapeutiques, familles d'accueil, suivi intensif à domicile... tout est fait pour que les personnes en souffrance psychique restent dans leur communauté. "On a un panel très large de solutions pour répondre à la situation de chaque patient, explique Yannick Boulongne, cadre de santé. On inverse la logique : ce ne sont pas les malades qui s'adaptent à l'institution psychiatrique, mais nous qui nous adaptons à eux."

Trente années d'un patient travail de partenariat avec les élus, les bailleurs sociaux et la population ont été nécessaires pour parvenir à ce résultat. C'est l'oeuvre d'une vie, le sacerdoce du chef de service, le docteur Jean-Luc Roelandt, 60 ans. En 1972, tout juste nommé psychiatre, il avait été affecté au pavillon 11 de l'hôpital d'Armentières, le "pavillon de force", là où étaient enfermés les patients les plus dangereux. Il reste profondément marqué par cette expérience asilaire, qui a forgé sa détermination à casser les murs de l'hôpital. "C'était un système épouvantable, bien pire que ce que l'on peut imaginer, se souvient-il. Les droits de l'homme étaient bafoués en permanence. J'ai essayé de changer les pratiques, mais c'était impossible. Il n'y avait pas d'autres solutions que de fermer cet endroit."

En lieu et place du pavillon 11, se trouve aujourd'hui la clinique Jérôme-Bosch, l'unité d'hospitalisation du secteur. Longs couloirs blancs distribuant une vingtaine de chambres, salles de repas et d'activités, l'endroit est quasi désert, presque fantomatique. Conçu il y a vingt-cinq ans pour 60 malades, il n'accueille aujourd'hui qu'une huitaine de patients pour une durée moyenne de sept jours. Ici, pas d'unité fermée ni de chambre d'isolement, l'équipe soignante n'a quasiment jamais recours à la contention. "L'enfermement à vie des malades mentaux, c'est fini, insiste le docteur Roelandt. On consacre la quasi-totalité de nos moyens à l'extrahospitalier pour les faire sortir le plus vite possible. Cela ne veut pas dire qu'on lâche les gens dans la nature, au contraire. Il y a des patients qu'on accompagne à vie. Tout est mis en place pour leur suivi au long cours."

Le résultat est étonnant. Quand on pousse la porte de l'un des 43 appartements associatifs du secteur, où vivent 83 personnes atteintes de schizophrénie ou de graves psychoses, on est accueilli par des sourires, des bonjours, des "je vous fais visiter ?" fiers et empressés. Dans un coquet appartement avec mezzanine vivent Son, 43 ans, Bernard, 59 ans et Marceau, 61 ans. Il y a trente ans, ces hommes auraient été enfermés à l'asile. Aujourd'hui, ils seraient à la rue si le secteur ne les prenait pas en charge. Totalement stabilisés, grâce à la visite quotidienne des infirmiers qui leur délivrent leur traitement, ils se sont fondus dans le paysage. Leur loyer, modéré par un accord avec les bailleurs sociaux, est payé par leurs proches ou leurs responsables légaux.

Casquette vissée sur la tête, son bleu de travail maculé de peinture fraîche, Bernard est le pilier de l'appartement, où il vit depuis onze ans. Il a connu les grands pavillons de l'hôpital d'Armentières pour y avoir été interné de 1986 à 1997. "C'était triste et choquant, tout le monde était mélangé, se souvient-il. On se disait : mais pourquoi je suis là ? Je suis pas fou !" Sa présence chaleureuse et gaie rassure Son, qui parle peu et reste toujours en retrait. D'origine vietnamienne, Son est depuis des années sous le régime de l'hospitalisation d'office avec sortie à l'essai. L'équipe le laisse sous contrainte, car il n'accepterait plus son traitement si on levait la mesure : "Je suis bien ici, avec mes colocataires, dit-il timidement. Avant, j'étais à la rue, je faisais que des allers-retours entre la prison et l'hôpital. Ici, je me sens protégé. Je n'ai pas envie de sortir, je regarde la télé et ça me suffit."

Pour l'équipe du docteur Roelandt, l'intégration des patients dans la cité n'a pas qu'une vocation humanitaire, elle a surtout des vertus thérapeutiques. Privilégier le contact humain plutôt que les murs, c'est affirmer aux patients qu'ils n'ont pas perdu leur citoyenneté, qu'ils peuvent se redresser, malgré leur maladie. "L'hôpital, c'est le lieu de l'anormalité, on peut se permettre d'y être fou : balancer une table devant des infirmiers en blouses blanches, paraît "normal", explique Yvain Piketty, infirmier. La mise en situation réelle, avec des gens comme tout le monde, à l'extérieur, fait qu'on se comporte mieux, on se laisse moins aller." "On responsabilise les patients, on fait en sorte qu'ils soient acteurs de leur prise en charge, poursuit la cadre de santé Yannick Boulongne. On ne veut être ni dans l'assistanat ni dans la victimisation."

Grâce à cet accompagnement très personnalisé, certains patients se relèvent en quelques jours. Qui pourrait croire, en la voyant toute pimpante dans son tailleur rouge vif, rajustant son impeccable brushing blond, que Lydie vivait cloîtrée chez elle, recluse comme un petit animal au milieu des déchets ? Repérée il y a trois semaines par les services sociaux, Lydie, 65 ans, a été hospitalisée une semaine avant d'être hébergée en famille d'accueil. Un cadre rassurant, où elle retrouve peu à peu le goût de vivre. "J'avais tout abandonné. Je ne faisais plus rien chez moi, explique-t-elle, très émue. Etre ici me redonne une famille que je n'ai plus." Gina Alliata, qui l'héberge, aime son travail auprès des patients qu'elle accueille depuis cinq ans. "Je leur apporte la confiance en eux qu'ils ont complètement perdue, indique-t-elle. Ils arrivent tristes, renfermés. Mon bonheur, c'est de les voir repartir avec le sourire."

Cette prise en charge "sur mesure" a un prix, celui de l'engagement total et constant du personnel soignant. Toute la journée, l'équipe du G21 sillonne les dizaines de kilomètres de son territoire, courant de consultation en consultation. "Fonctionner de façon si ouverte implique d'être très présent pour chaque patient, pour éviter tout problème, explique Yves-Marie Develter, cadre de santé. Alors on cavale, ça demande une énergie incroyable." "C'est sûr qu'on prend plus de risques en travaillant dans la cité, c'est moins confortable que rester dans nos bureaux, affirme le docteur Tony Vermeil, un jeune psychiatre qui vient de rejoindre le service. Mais au moins, on est au coeur des problématiques des malades, pas cachés derrière nos murs à s'interroger sur nos pratiques."

Unique en son genre en France, cité en modèle à l'étranger, le service de Jean-Luc Roelandt détonne dans une psychiatrie publique en crise, tentée par le repli sur l'hôpital. "Quand je parle de mon expérience aux autres collègues, ils me renvoient le cliché du Nord, de la solidarité ! s'agace le docteur Roelandt. Mais ça n'a rien voir ! Les gens ne sont pas plus sympas ici qu'ailleurs." Selon lui, la psychiatrie meurt de ne pas s'être suffisamment ouverte sur la cité. "Mon analyse, c'est que la politique de secteur, qui impliquait la multiplication des structures extrahospitalières pour compenser la fermeture des asiles, n'a tout simplement pas été conduite. Les choses se sont faites à la libre appréciation de chaque psychiatre, sans politique de santé mentale globale." Le seul salut serait d'investir massivement dans la cité, non de rouvrir des lits. Comme disait Lucien Bonnafé, une figure de la psychiatrie disparue en 2003 : "Il faut des hommes, pas des murs."



Cécile Prieur

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PostPosted: Thu 8 Jan - 23:24 (2009)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

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Nicolas Sarkozy promet aux psychiatres de "retravailler" son message
AP | 08.01.2009 | 20:37
Le président de la République, qui avait "heurté" le monde de la psychiatrie par un discours très sécuritaire en décembre, a promis jeudi de "retravailler" son message pour gommer l'accent mis sur les patients violents, selon plusieurs médecins reçus à l'Elysée.

Lors du discours de Nicolas Sarkozy le 2 décembre dans un hôpital psychiatrique d'Antony (Hauts-de-Seine), "nous avions été un peu heurtés par le discours (...) qui nous semblait s'orienter exagérément sur les dispositions sécuritaires", a noté le Dr Pierre Faraggi, président du Syndicat des psychiatres des hôpitaux à la sortie d'une réunion entre le président, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, des psychiatres, des personnels soignants, des directeurs d'établissement et des représentants des patients et des familles.

M. Sarkozy a dit à ses interlocuteurs "que le message devait être retravaillé, qu'il mettrait une certaine priorité sur la psychiatrie et que ce ne serait pas que sécuritaire", a rapporté le Dr Norbert Skurnik, président de l'intersyndicale de défense de la pyschiatrie publique. "C'était une ouverture, et maintenant nous jugerons sur les actes", a déclaré le Dr Faraggi.

"Le président a voulu montrer son intérêt et son attachement à ce que sa politique pour la psychiatrie soit comprise dans sa globalité", a aussi expliqué la ministre de la Santé. "L'objectif est d'améliorer la qualité et la sécurité des soins dans une approche globale du patient et de la discipline psychiatrique", traduit un communiqué diffusé par l'Elysée.

Mme Bachelot a annoncé un prochain déplacement de Nicolas Sarkozy dans un établissement psychiatrique. Lors de son déplacement de décembre, il avait fait allusion à plusieurs faits divers, notamment la mort d'un jeune homme poignardé à Grenoble par un schizophrène qui avait fugué d'un hôpital psychiatrique, et avait annoncé un durcissement des conditions de sortie des patients hospitalisés d'office dans ces établissements.

La réunion de jeudi a fait le point sur l'avancement du futur projet de loi annoncé par Nicolas Sarkozy. Le texte portera sur deux axes principaux, a rappelé Mme Bachelot: la création d'une obligation de soins "en ville" comme alternative à l'hospitalisation d'office et, surtout, la modification des autorisations de sortie. Nicolas Sarkozy a souhaité que la sortie, même temporaire, des patients hospitalisés de force soit soumise à l'approbation finale du préfet ou "dans certains cas (de) la justice". AP


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PostPosted: Mon 19 Jan - 19:18 (2009)    Post subject: Le sinistre de la psychiatrie Reply with quote

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Paris Normandie
19/01/08

A Janet, l'agression de trop



Plus de 500 personnes travaillent dans l'établissement
Une de leurs collègues a « frôlé le pire » et ils ont voulu agir ensemble dans « un mouvement d'humeur, de colère » dans le contexte en ce moment heurté des services de psychiatrie français.

Avec le soutien de syndicats (SUD, CGT, CFDT), des personnels du centre psychiatrique Pierre-Janet, au Havre, se rassemblent aujourd'hui à 13 h 30 devant le pavillon d'hospitalisation Caravelle. C'est dans ce bâtiment du Groupe hospitalier du Havre qu'une infirmière a été agressée le dimanche 4 janvier dernier. Un patient a tenté de l'étrangler.


Sauvée par les collègues

Cet après-midi-là, la jeune femme se trouve au rez-de-chaussée du pavillon, dans l'unité « fermée », un service où elle travaille depuis mai 2008. Pour s'occuper de 25 patients dits « difficiles », elle bénéficie de la présence d'une seule collègue, appelée en renfort dans un autre service de psychiatrie. Après le repas, une jeune patiente vient la voir et se plaint. Elle affirme qu'une autre personne hospitalisée, un garçon de 17 ans, a tenté de la violer. Vrai ou faux ? L'adolescent semble en tout cas éprouver des craintes car il s'est réfugié dans un couloir. L'infirmière décide de l'y rejoindre. Le garçon semble paniqué. « Il s'est précipité sur elle, l'a projetée sur un lit en tentant de l'étrangler, de lui briser la nuque », raconte l'intersyndicale. La collègue vient rapidement à la rescousse. Non sans mal, non sans avoir reçu quelques coups, les deux femmes parviennent à résister au patient, avant l'arrivée d'autres blouses blanches, suite à un « appel de sécurité ». Les deux infirmières ont bénéficié d'un arrêt de travail. Le jeune, lui, devrait être transféré dans un autre établissement de soins et une unité pour malades difficiles (UMD), mieux sécurisée. Le Groupe hospitalier du Havre aurait déposé plainte. Contactée hier, sa direction ne nous l'a pas confirmé.

Les effectifs sur la sellette

« Le mineur, présent depuis de longs mois à Pierre-Janet, est réputé agressif et fugueur. Aussi, les personnels soignants doivent être trois au minimum dans ce service. Mais dimanche, n'étaient là qu'une infirmière débutante et une autre qui ne connaissait pas les patients, dénonce le syndicat SUD. Il y a une grave insuffisance de personnels, nous travaillons en flux tendu. Et les agressions, sous forme de coups la plupart du temps, sont de plus en plus nombreuses. Certains collègues n'hésitent pas à dire qu'ils ont peur d'aller au travail. » Dans ce contexte, les syndicalistes craignent d'autant plus les suppressions de postes encore prévues dans le cadre du plan de retour à l'équilibre du GHH. Arnaud ROUXEL


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